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Galerie des Sources

Nelly BONNEFIS - 20 novembre - 16 décembre

Par FLORENCE AMOUROUX, publié le samedi 8 novembre 2014 09:02 - Mis à jour le mardi 13 décembre 2016 16:50

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Nelly Bonnefis

Une esthétique différente

L'esthétique peut être décrite comme la somme des conceptions et des réflexions qui ordonnent ou guident nos modes de représentation et donc notre relation à la Nature. À peu près à l'époque du triomphe de l'Impressionnisme, du progrès des sciences, du naturalisme ou du réalisme à la fin du XIXème siècle (entre 1860 et 1890), certains artistes et écrivains réagirent. Pour eux, le monde n'était pas réductible à la matière et l'art n'était pas que le reflet d'une réalité absolue. Leur objectif n'était pas de figurer le réel immédiat et visible. Ils cherchaient une approche du monde faisant référence à une autre réalité et produisirent des œuvres évoquant un monde invisible de significations et de sentiments. De tous temps il y eut des artistes en quête du réel ou de l'invisible. Le symbolisme

Basé sur une esthétique de la suggestion, le Symbolisme en art faisait appel à la spiritualité, à l'imagination et aux rêves. De façon très métaphorique et suggestive, il dotait les images et les objets particuliers d'une signification symbolique pour nous présenter l'idéal sous une forme perceptible. [La signification grecque « symbolon » correspond à la coupure d’un objet en deux et donne à ses propriétaires un signe de reconnaissance lorsque les deux objets sont en mesure de se rassembler à nouveau. Chaque morceau de la poterie brisée en deux donné aux ambassadeurs était le signe de l'alliance entre deux cités. L'art était censé faire le lien avec un autre monde…]

Baudelaire, Mallarmé, Verlaine, Debussy, Gauguin, Émile Bernard, G. Moreau, O. Redon…

Le geste

L'Art informel, non fabriqué (achiropoïetique) s'est manifesté dans la période de l'après-guerre (1945-1960) ; les artistes y développaient une esthétique abstraite et gestuelle pour traduire leurs sentiments et leurs impressions dans des œuvres ouvertes que le spectateur peut lire librement.

Pour Dubuffet, l'œuvre devait donner à voir le travail de l'artiste. Pour lui l'activité artistique doit privilégier le processus, autrement dit le geste créateur au détriment de l’objet fini. Entre la matière et les traits laissés par le pinceau, la peinture est un réseau de taches, de fils et de traces auxquels l'artiste donne parfois un sens.

Plus près de nous, les peintres surréalistes cherchèrent à révéler plastiquement et sans les interpréter les rêves ou l’inconscient. Leurs tableaux étaient une expression visuelle du fonctionnement de la pensée.

La lecture

Ses œuvres-palimpsestes (parchemin déjà utilisé, dont on a fait disparaître les inscriptions pour pouvoir y écrire de nouveau) créent des transparences, des effacements, un jeu de hasard en quête d'une apparition, une liberté qui essaie de maintenir le mystère du visible de la présence face au vide…

À sa façon, la lecture reproduit le travail de l'artiste. Comme le créateur, le spectateur tente de retrouver les gestes. La lecture renouvelée dévoile peu à peu les empreintes du temps dans la matière secrétée par l'artiste. C'est alors que des sensations oubliées peuvent remonter d’on ne sait où, et que l'on a la sensation fragile d'y reconnaître une intimité inscrite dans notre chair. Cet événement n'est pas si facile, il y a souvent un conflit entre la mémoire du corps et celle du cerveau. À la manière du symbolisme, l'œuvre de Nelly Bonnefis vient éveiller la mémoire et nous emmène dans l'imaginaire (qui n'a pas de réalité) et le poétique (qui fait naître des sentiments). Quel tourment ou quel bonheur sont enfouis dans sa peinture ? À vous de voir !

Quelques citations

Jean Fautrier : « La peinture est une chose qui ne peut que se détruire, qui doit se détruire, pour se réinventer. » Fautrier l’enragé de Jean Paulhan

Picasso : "Si vous savez ce que vous allez faire, à quoi bon le faire !".

Braque : "Il n'est en art qu'une chose qui vaille : Celle qu'on ne peut expliquer".

Einstein : "L'imagination est plus importante que le savoir".