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Jhano -GILEN- NIKKO KKO: du 6 mars au 10 avril 2015

Par FLORENCE AMOUROUX, publié le jeudi 5 mars 2015 09:24 - Mis à jour le mardi 13 décembre 2016 16:51

Les sites des artistes pour en savoir plus: Nikko KKO / Gilen / Jhano

Exposition 6 mars – 10 avril 2015 : Nikko kko, Gilen, jhano

Le discours de l'histoire de l'art est souvent celui de la discrimination et du jugement. On oppose la "high culture" à la "low culture". Le langage de l'expression populaire, comme la BD, voire l'art naïf est peut-être le moyen le plus sûr pour répondre à ce jugement élitiste.

La MODERNITÉ recherche de ce qui est actuel, contemporain, par opposition aux traditions, à ce qui est hérité.
Ces artistes traduisent visuellement leur conception commune de la MODERNITÉ : « prendre la liberté de faire figurer toutes formes de représentations sans frontière de mode d’expression ni d’origine géographique, sans hiérarchie de valeur entre haute et basse culture ».

Ils privilégient les couleurs vives ou le travail rapide et apparemment spontané et un mépris des conventions picturales. » Ils s’inscrivent dans le prolongement de mouvements historiques qui s'étaient ouverts à des formes d’expression "autres" comme le cubisme avec l’art africain et océanien, le pop art à la publicité et à la bande dessinée.

jhano est passé par Olivier de Serres (École Nationale Supérieure des Arts Appliqués et des Métiers d’Art). Un texte sur internet précise qu'il s'agit d'un artiste polyvalent, s’adonnant aussi bien à la sculpture "entomologique" de récup qu’à la peinture ou au dessin. Sa peinture se présente simple, évidente et sans fioriture, hors des manières convenues. Son geste manifeste une énergie, une révolte ou plutôt quelque chose d'une nécessité intérieure.

Presque réduite au noir et blanc sa peinture fait référence pour moi au baroque mais un baroque "moderne" : on y retrouve l'opposition entre l'ombre et la lumière qui jaillit en son sein qui rend visible l'énergie en action. Ses anges d'aujourd'hui sont incarnés ; ils participent de l'humain et retrouvent leur sexe ou l'énergie du désir…

Gilen propose des figures surprenantes. Son univers est peuplé de crado, de caricatures monstrueuses et difformes. Il cherche, et je le cite, à "curer le vernis bien-pensant". Ses "personnages" sont des images de la bêtise, de la méchanceté, de la violence sociale. Maîtrisant parfaitement les techniques picturales, il a choisi l'humour pour traduire le regard qu'il porte sur le monde et peindre des comportements. Finalement, on peut se demander s'ils sont si différents de nous ?

Le monde de Nikko est peuplé de personnages hybrides où différents mondes se fécondent mutuellement : le mécanique, l'animal, le végétal, l'humain. Ses thèmes sont liés au voyage et à l'exil. «Pour moi, c’est une sorte de chimères entre machines et personnages». Le dessin est précis et gourmand, (il y a du plaisir …) Il se défend d'être mélancolique. Mais il est difficile de ne pas être touché par ces mises en scènes de la misère. La sensibilité sociale que l'on perçoit est adoucie par le traitement poétique de ses créations et la douceur des couleurs. Dérision, douceur, imaginaire… nous font percevoir un monde qui nous côtoie et que l'on oublie, parfois.

Certaines peintures présentées ici font donc référence aux « arts populaires ». Basée sur la démocratisation de l'art, cette expression actuelle elle est un pur produit des sous-cultures urbaines : bande dessinée, science-fiction, culture des banlieues, le rock puis le rap.

On peut relier ces artistes à la Figuration libre, mouvement né au cours des années 80. Comme elle, ils ont pris la liberté de revenir à la figuration sans contrainte pour créer du sens de la façon la plus ouverte.

Ils sont proches de l'art urbain, ou « Street art» qui veut être vu par un très grand public qui regroupe toutes les formes d’art réalisées dans la rue. Les objectifs sont multiples : se faire connaître en dehors du système commercial, agir ou attirer l’attention sur notre environnement, s’exprimer sur les sujets de société.

Il englobe différentes pratiques (graffiti, pochoir, projection vidéo, affiche, pastel, autocollants, mosaïques...).Il s'agit d'un art ENGAGE qui tente de réagir à ce qui le touche ou le blesse dans notre monde. Souvent engagé politiquement et socialement, il dénonce les injustices, la guerre, la famine et défend la liberté, la justice, les opprimés. Cependant, ses images sont aussi empreintes d’humour, de poésie et d'espoir. Il espère changer le regard des gens et ainsi transformer le monde. L’humour mêle le plaisir et la réalité et se joue de l'écart entre le réel et sa pensée. Tout comme l’art, il est une forme du jeu auxquels nous convient les artistes de cette exposition.