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Exposition du 6 octobre au 14 décembre 2010 Sylvie DONAIRE

Publié le 13 déc. 2016 à 11:26 ♦ Mis à jour le 16 déc. 2016 à 06:51

Jhano -GILEN- NIKKO KKO: du 6 mars au 10 avril 2015

Par FLORENCE AMOUROUXPublié le 05 mars 2015 à 09:24 ♦ Mis à jour le 13 déc. 2016 à 16:51

Les sites des artistes pour en savoir plus: Nikko KKO / Gilen / Jhano

Exposition 6 mars – 10 avril 2015 : Nikko kko, Gilen, jhano

Le discours de l'histoire de l'art est souvent celui de la discrimination et du jugement. On oppose la "high culture" à la "low culture". Le langage de l'expression populaire, comme la BD, voire l'art naïf est peut-être le moyen le plus sûr pour répondre à ce jugement élitiste.

La MODERNITÉ recherche de ce qui est actuel, contemporain, par opposition aux traditions, à ce qui est hérité.
Ces artistes traduisent visuellement leur conception commune de la MODERNITÉ : « prendre la liberté de faire figurer toutes formes de représentations sans frontière de mode d’expression ni d’origine géographique, sans hiérarchie de valeur entre haute et basse culture ».

Ils privilégient les couleurs vives ou le travail rapide et apparemment spontané et un mépris des conventions picturales. » Ils s’inscrivent dans le prolongement de mouvements historiques qui s'étaient ouverts à des formes d’expression "autres" comme le cubisme avec l’art africain et océanien, le pop art à la publicité et à la bande dessinée.

jhano est passé par Olivier de Serres (École Nationale Supérieure des Arts Appliqués et des Métiers d’Art). Un texte sur internet précise qu'il s'agit d'un artiste polyvalent, s’adonnant aussi bien à la sculpture "entomologique" de récup qu’à la peinture ou au dessin. Sa peinture se présente simple, évidente et sans fioriture, hors des manières convenues. Son geste manifeste une énergie, une révolte ou plutôt quelque chose d'une nécessité intérieure.

Presque réduite au noir et blanc sa peinture fait référence pour moi au baroque mais un baroque "moderne" : on y retrouve l'opposition entre l'ombre et la lumière qui jaillit en son sein qui rend visible l'énergie en action. Ses anges d'aujourd'hui sont incarnés ; ils participent de l'humain et retrouvent leur sexe ou l'énergie du désir…

Gilen propose des figures surprenantes. Son univers est peuplé de crado, de caricatures monstrueuses et difformes. Il cherche, et je le cite, à "curer le vernis bien-pensant". Ses "personnages" sont des images de la bêtise, de la méchanceté, de la violence sociale. Maîtrisant parfaitement les techniques picturales, il a choisi l'humour pour traduire le regard qu'il porte sur le monde et peindre des comportements. Finalement, on peut se demander s'ils sont si différents de nous ?

Le monde de Nikko est peuplé de personnages hybrides où différents mondes se fécondent mutuellement : le mécanique, l'animal, le végétal, l'humain. Ses thèmes sont liés au voyage et à l'exil. «Pour moi, c’est une sorte de chimères entre machines et personnages». Le dessin est précis et gourmand, (il y a du plaisir …) Il se défend d'être mélancolique. Mais il est difficile de ne pas être touché par ces mises en scènes de la misère. La sensibilité sociale que l'on perçoit est adoucie par le traitement poétique de ses créations et la douceur des couleurs. Dérision, douceur, imaginaire… nous font percevoir un monde qui nous côtoie et que l'on oublie, parfois.

Certaines peintures présentées ici font donc référence aux « arts populaires ». Basée sur la démocratisation de l'art, cette expression actuelle elle est un pur produit des sous-cultures urbaines : bande dessinée, science-fiction, culture des banlieues, le rock puis le rap.

On peut relier ces artistes à la Figuration libre, mouvement né au cours des années 80. Comme elle, ils ont pris la liberté de revenir à la figuration sans contrainte pour créer du sens de la façon la plus ouverte.

Ils sont proches de l'art urbain, ou « Street art» qui veut être vu par un très grand public qui regroupe toutes les formes d’art réalisées dans la rue. Les objectifs sont multiples : se faire connaître en dehors du système commercial, agir ou attirer l’attention sur notre environnement, s’exprimer sur les sujets de société.

Il englobe différentes pratiques (graffiti, pochoir, projection vidéo, affiche, pastel, autocollants, mosaïques...).Il s'agit d'un art ENGAGE qui tente de réagir à ce qui le touche ou le blesse dans notre monde. Souvent engagé politiquement et socialement, il dénonce les injustices, la guerre, la famine et défend la liberté, la justice, les opprimés. Cependant, ses images sont aussi empreintes d’humour, de poésie et d'espoir. Il espère changer le regard des gens et ainsi transformer le monde. L’humour mêle le plaisir et la réalité et se joue de l'écart entre le réel et sa pensée. Tout comme l’art, il est une forme du jeu auxquels nous convient les artistes de cette exposition.

 

 

Nelly BONNEFIS - 20 novembre - 16 décembre

Par FLORENCE AMOUROUXPublié le 08 nov. 2014 à 09:02 ♦ Mis à jour le 13 déc. 2016 à 16:50

Pour visiter le site de l'artiste, cliquez sur le tableau:

Nelly Bonnefis

Une esthétique différente

L'esthétique peut être décrite comme la somme des conceptions et des réflexions qui ordonnent ou guident nos modes de représentation et donc notre relation à la Nature. À peu près à l'époque du triomphe de l'Impressionnisme, du progrès des sciences, du naturalisme ou du réalisme à la fin du XIXème siècle (entre 1860 et 1890), certains artistes et écrivains réagirent. Pour eux, le monde n'était pas réductible à la matière et l'art n'était pas que le reflet d'une réalité absolue. Leur objectif n'était pas de figurer le réel immédiat et visible. Ils cherchaient une approche du monde faisant référence à une autre réalité et produisirent des œuvres évoquant un monde invisible de significations et de sentiments. De tous temps il y eut des artistes en quête du réel ou de l'invisible. Le symbolisme

Basé sur une esthétique de la suggestion, le Symbolisme en art faisait appel à la spiritualité, à l'imagination et aux rêves. De façon très métaphorique et suggestive, il dotait les images et les objets particuliers d'une signification symbolique pour nous présenter l'idéal sous une forme perceptible. [La signification grecque « symbolon » correspond à la coupure d’un objet en deux et donne à ses propriétaires un signe de reconnaissance lorsque les deux objets sont en mesure de se rassembler à nouveau. Chaque morceau de la poterie brisée en deux donné aux ambassadeurs était le signe de l'alliance entre deux cités. L'art était censé faire le lien avec un autre monde…]

Baudelaire, Mallarmé, Verlaine, Debussy, Gauguin, Émile Bernard, G. Moreau, O. Redon…

Le geste

L'Art informel, non fabriqué (achiropoïetique) s'est manifesté dans la période de l'après-guerre (1945-1960) ; les artistes y développaient une esthétique abstraite et gestuelle pour traduire leurs sentiments et leurs impressions dans des œuvres ouvertes que le spectateur peut lire librement.

Pour Dubuffet, l'œuvre devait donner à voir le travail de l'artiste. Pour lui l'activité artistique doit privilégier le processus, autrement dit le geste créateur au détriment de l’objet fini. Entre la matière et les traits laissés par le pinceau, la peinture est un réseau de taches, de fils et de traces auxquels l'artiste donne parfois un sens.

Plus près de nous, les peintres surréalistes cherchèrent à révéler plastiquement et sans les interpréter les rêves ou l’inconscient. Leurs tableaux étaient une expression visuelle du fonctionnement de la pensée.

La lecture

Ses œuvres-palimpsestes (parchemin déjà utilisé, dont on a fait disparaître les inscriptions pour pouvoir y écrire de nouveau) créent des transparences, des effacements, un jeu de hasard en quête d'une apparition, une liberté qui essaie de maintenir le mystère du visible de la présence face au vide…

À sa façon, la lecture reproduit le travail de l'artiste. Comme le créateur, le spectateur tente de retrouver les gestes. La lecture renouvelée dévoile peu à peu les empreintes du temps dans la matière secrétée par l'artiste. C'est alors que des sensations oubliées peuvent remonter d’on ne sait où, et que l'on a la sensation fragile d'y reconnaître une intimité inscrite dans notre chair. Cet événement n'est pas si facile, il y a souvent un conflit entre la mémoire du corps et celle du cerveau. À la manière du symbolisme, l'œuvre de Nelly Bonnefis vient éveiller la mémoire et nous emmène dans l'imaginaire (qui n'a pas de réalité) et le poétique (qui fait naître des sentiments). Quel tourment ou quel bonheur sont enfouis dans sa peinture ? À vous de voir !

Quelques citations

Jean Fautrier : « La peinture est une chose qui ne peut que se détruire, qui doit se détruire, pour se réinventer. » Fautrier l’enragé de Jean Paulhan

Picasso : "Si vous savez ce que vous allez faire, à quoi bon le faire !".

Braque : "Il n'est en art qu'une chose qui vaille : Celle qu'on ne peut expliquer".

Einstein : "L'imagination est plus importante que le savoir".

Exposition du 9 mars au 30avril 2009 Lorena ACIN

Publié le 07 déc. 2016 à 16:35 ♦ Mis à jour le 13 déc. 2016 à 16:47
Lorena Acin

Elle est née le 27 janvier 1969 à Buenos aires. Très jeune, elle intègre plusieurs ateliers d'arts plastiques et rencontre le caricaturiste argentin H. Sabat.

Son intérêt pour le cinéma et le théâtre la pousse à faire des études d'art scénique à l'Université del Salvador à Buenos Aires. Elle poursuit sa formation au théâtre Colon. Elle mène en parallèle sa carrière de plasticienne tout en participant à la scénographie de film comme "Carnet de voyage" de Walter Salles, "l'ours rouge" d'Adriano Caetano," Imagining Argentina" de Christopher Hampton.

En 2003, elle décide de venir s'installer avec sa famille dans le sud-ouest de la France et  se consacre désormais à ses recherches plastiques.

Que voit-on ?

Ces quelques lignes empruntées aux auteurs trouveront, je l'espère, une résona nce dans la gravure de Lorena Acin.

Le premier niveau de lecture est celui de l'expérience pratique et de la plasticité. (le sujet primaire selon Erwin Panofsky)

Paul Klee s'est particulièrement intéressé à cet aspect de la création; voici ce qu'il en dit :

"Les lignes les plus diverses. Taches. Touches estompées. Surfaces lisses. Estompées. Striées. Mouvement ondulant. Mouvement entravé. Articulé. Contre-mouvement. Tressage. Tissage. Maçonnage. Imbrication. Solo. Plusieurs voix. Ligne en train de se perdre. De reprendre vigueur (dynamisme).

Régularité heureuse du premier parcours ; puis les contrariétés, les nerfs ! Tremblement contenu, petites caresses consolatrices de la brise. Avant l'orage, assaut de taons. Fureur, meurtre."

Il nous faut être attentif au travail de l'artiste avec la matière. Alors seulement, pourrons-nous y lire quelque chose. Mark Rothko résume ce phénomène comme une potentialité qu'il nous appartient de découvrir:

" La somme totale de la plasticité d'une peinture est la potentialité de susciter un sentiment de beauté."

La beauté n'est pourtant pas toujours là où l'on pense.

Ensuite vient un second niveau de lecture qui s'appuie sur notre culture des images. Le dessin est un motif qui renvoie aux éléments reconnaissables et à la forme. Mais le mot désigne aussi l'objectif : le dessein, l'intention ou le projet, c'est-à-dire le contenu.

Cela, on en reparlera plus loin. Il convient d'abord d'en étudier un peu la mécanique, sans trop…

Enfin il y a le niveau l'interprétation, de l'intuition et du symbole quelquefois.

L'ART NE REPRODUIT PAS LE VISIBLE. IL REND VISIBLE. (Paul Klee).

On peut sûrement  - vieux rappel de l'Ut pictura poesis – rejoindre la voix d'Yves Bonnefoy pour qui 

"(l'œuvre) semble nous inviter à porter dans sa profondeur la parole qui fera être ce qu'elle nomme.

La poésie n'est nullement la fabrication d'un objet où des significations se structurent […] Cet objet existe, bien sûr, mais il est la dépouille et non l'âme ni le dessein du poème ; le poème ne prétend, en effet, qu'à intérioriser le réel. Il recherche les liens qui unissent en moi les choses."

Rencontre avec l'art.

Ce que nous voyons ne vaut que par ce qui nous regarde. Georges Didi-Huberman

L'expérience que nous faisons de cet objet singulier qu'est la création artistique ne vaut que par ce qui nous regarde, ce qui en nous est touché. C'est un peu vers cette expérience que l'on essaie de conduire les élèves aussi.

Pour ce qui est de l'enseignement artistique dans ce pays, l'éducateur doit considérer deux objectifs. Premièrement, en quoi la pratique de l'art contribue-t-elle à la vie du sujet au cours de l'enfance ?

Deuxièmement, en quoi lui-même prépare-t-il l'enfant à sa participation future à la vie culturelle de la communauté ?  (Mark Rothko)

 Cette occasion est une magnifique opportunité pour que cette rencontre de l'art et de la jeunesse puisse avoir lieu. Ici, il ne s'agit pas de confronter à un objet de connaissance; il ne s'agit pas de participer à un simulacre mais d'être vrai et présent. Il s'agit de rencontrer la réalité de l'art, la vérité d'une artiste, la sincérité et la générosité qui fonde sa vie d'artiste.

 

Exposition du 15 mai au 15 juin 2014 Chantal BONOTTO

Publié le 13 déc. 2016 à 16:24 ♦ Mis à jour le 13 déc. 2016 à 16:45

Exposition de Chantal Mathis 15 mai – 15 juin 2014

Voici mon approche qui est très personnelle et que l'artiste n'aura peut-être pas vu comme je le vois.

  1. C'est un travail globalement abstrait mais pas seulement. Chantal laisse toute liberté à l'imprévu des matières et à l’accident ; on pourrait dire qu'elle attend quelque chose…

Elle joue avec la tache, la spontanéité du geste, un certain emploi… expressif de la matière. Sa manière de peindre et de donner à voir trahit sa manière de VOIR. Son jeu rappelle celui de la découverte de l'abstraction par Kandinsky dans sa première période (1910-1914), avec ses « improvisations » et ses « compositions »

  1. Le deuxième aspect qui vous étonnera peut-être c'est son attrait pour l'esprit enfantin, cette spontanéité perdue au collège (on se demande ce que fait le prof d'arts) et qui se rapproche du rêve mais il ne faut pas confondre la naïveté et la liberté. Breton définit le surréalisme par rapport à la peinture comme «une crise absolue du modèle ». Le modèle ancien, pris dans le monde extérieur n'est plus et ne peut plus être. Celui qui va lui succéder, pris dans le monde intérieur, n'est pas encore découvert" André Breton.

  2. En fait, j'ai pensé à Miro pour qui la première source d'inspiration de Miró sont les deux infinis, depuis l'infiniment petit […] jusqu'à l'infiniment grand des espaces vide des constellations.
    in Michel Murat et Marie Claire Dumas, André Breton, L'Herne,‎ 1998, p. 314. Autre point commun que l'artiste pourra peut-être nous confirmer : la pensée orientale.

 

Les créations de Chantal Mathis qui travaillent avec le hasard ne sont pas insignifiantes ; elles nous parlent.

Pour finir, une idée qui m'est chère : l'art est avant tout un partage et une rencontre : on n'est pas obligé…

À vous d'aller au-delà de vos habitude, d'oublier de penser, de vivre par vos yeux et vos émotions.

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